Dimanche 30 octobre 2011 7 30 /10 /Oct /2011 13:39

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En cette période où les media font mémoire du combat de Robert Badinter pour l'abolition de la peine de mort, il en est un autre qui commence et qui cherche encore sans doute son archange, c'est celui de lafin du nucléaire.

Il en est des obscurantismes d'une société comme de l'inertie individuelle : nous ne pouvons en sortir qu'au prix d'un saisissement de nous-mêmes qui nous dépasse et nous déborde.

 

Saisissement pour quitter nos médiocrités et nos mesquineries les plus basses d'abord. Si celles qui nous attachaient si virulement à la peine de mort était de la pire espèce (colère, vengeance, haine, quête du bouc émissaire), la sortie du nucléaire exige de nous un dépassement plus subtil. Il s'agit de nous extraire de la facilité du dispensé par l'état pour plonger dans l'effort du construit par nous-mêmes. Il y a là bien plus qu'un effort en vérité. Il s'agit ni plus, ni moins, d'inverser l'orientation hédoniste immédiate de la société pour lui préférer celui de la conscience lucide d'une responsabilité à l'égard des générations futures.

 

Saisissement ensuite pour considérer que s'il y a bien un espace dans lequel le principe de précaution prend tout son sens, c'est bien celui du choix d'une source énergétique fascinante qui, en même temps qu'elle nous offre la promesse d'une énergie concentrée qui fait triompher la science, nous menace aussi d'en mourir d'une manière fort "durable"...C'est à une conscience d'extirpation, à une sortie de nos torpeurs les plus douillettes, que nous sommes convoqués pour prendre la mesure du caractère "primitif" du nucléaire, là où lui-même prétend à une haute élaboration scientifique. Car enfin, n'oublions pas d'où nous venons : depuis l'invention du moteur à explosion, nous avons toujours recours à la combustion d'énergies fossiles ultra-coûteuses pour faire rouler nos voitures et couvrir la quasi totalité de nos besoins énergétiques. Tout bon énergéticien vous dira que la combustion est le dernier recours d'une production énergétique intelligente. La ressource nucléaire, présentée comme le glorieux successeur du "brûlage carboné" représente un saut de puce dans l'échelle du progrès énergétique et une insulte à l'intelligence scientifique capable de prendre en compte, à condition de le lui demander, le respect de l'environnement dans l'invention de sources d'énergies renouvelables.

 

Il s'agit moins de reprendre ici le couplet éculé des lobbies économiques et politiques argentés que d'exiger, depuis la série initialisée par la fin de la monarchie de droit divin au cours de la révolution française, dont le deuxième étage d'élévation de conscience représente la suppression de l'esclavage, le troisième celle de la peine de mort et la quatrième la fin du nucléaire civil, que s'accélère encore cette prise de conscience, pour accéder à d'autres paliers plus significatifs encore d'une émergence d'une conscience humaine digne de son humanité. La fin d'une économie ultralibérale peut-être ? Constatons aussi avec regret qu'entre la première (1789) et la seconde (1848) il s'est écoulé plus de 50 ans, et près de 200 ans (1981) avec la troisième. Gageons que nous n'attendrons pas l'an 2381 pour voir la fin du nucléaire. Car à force de ralentir nos efforts de conscience, c'est peut-être le nucléaire qui obtiendra la fin de l'humanité. L'archange en charge est pour l'instant habillée d'une tunique rouge et s'appelle Eva Joly. Ses forces risquent d'être plus minces que celles de Robert. Mais elle a un avantage : c'est une femme.

Par humble
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